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Espace perso de ColombeBientôt chinoise ... June 21 les pierres Les chinois adorent les pierres. Je ne pense pas avoir rencontré cette passion en France. Par exemple, dans les restaurants, dans les hôtels, il y a des pierres exposées. En plus, les pierres coûtent chères. Lorsque je vais visiter une montagne célèbre, il y a toujours un chinois qui me conseille de rapporter une pierre chez moi pour y amener la fortune. Le pire c'est qu'on ne peut pas prendre n'importe quelle pierre : la forme, la couleur, la composition, le lissage, le dessin sur la pierre doivent être pris en considération. Certaines pierres exposées sont devenues de vraies œuvres-d'art, sur certaine on peut voir une carte de la Chine, un dragon, un caractère chinois naturellement inscrits dans la roche. Le troisième week-end de juin, je me trouvais sur l'île de Yantai : Changdao, un voyage organisé par notre école pour les professeurs étrangers. Comme souvenir, nous avons collectionné des galets sur la plage. Alors si vous êtes intéressés par une de ces œuvres-d'arts, vous pouvez me passer commande : la première pierre coûte peut-être 6800 RMB, la deuxième 68000 RMB. ![]() ![]() ![]() ![]() May 26 Nouvelles du premier semestre 20092009/05/09 : Pluie à Jinan Lorsqu'il pleut à Jinan, Jinan s'arrête de tourner. Les jours de pluies sont rares à Jinan (plus fréquents en été). Le 18 juillet 2007 est un jour noir pour les habitants de Jinan, gravé dans leur mémoire. La ville fut inondée : 32 personnes mortes et plus de 170 blessés. 三个小时的暴雨让“泉城”济南变成了“水城” => Trois heures de pluies torrentielles ont changé la Ville des Sources en une ville de l'eau / aquatique (inondée). Depuis ce jour est un jour de deuil et les autorités ont organisé des travaux pour améliorer le système de drainage de la ville. Mais ce samedi 09 mai (2009) beaucoup de rues étaient une nouvelle fois inondées, sans conséquence grave. Deux amis français et un collègue australien se donnaient en spectacle ce soir-là. Il semble qu'en Chine les étrangers aiment former leur groupe de musique comme au temps de leur adolescence et se produisent dans les bars. Les habitants de Jinan aime la pluie, malgré le terrible événement de 2007. Jinan fait partie des quatre "fournaises" de la Chine. La température moyenne en été est 37°C, la pluie permet d'adoucir le climat. 2009/05/03 : Entretien à Beihang 2009/05/02 : Le rock chinois le festival de rock Strawberry Festival : 草莓音乐节 2009/05/01 : Mon faux mariage 2009/03/27 : Le voyage d'initiation de maman et de Christelle En deux semaines et demie, nous avons visité Shanghai, Pékin, Nantong, Xi'an et ma ville Jinan. Je les ai emmenées partout, de restaurants en restaurants, d'hôtels en hôtels et auberges de jeunesse, des temples aux parcs, des visites incontournables : la place Tian An Men, la Cité Interdite, la Grande Muraille, le Temple du Ciel, les Hutongs de Pékin, le Palais d'Eté, l'Armée Terracota à Xi'an, le Bund à Shanghai, ... aux rencontres surprenantes : participation à un tournage de pub dans une rue typiquement chinoise, cours improvisé des "petites raquettes chinoises souples" (?) avec une vieille pékinoise dans un parc, jeu de majong, diner avec mes patrons qui essayaient de convaincre maman qu'il fallait que je reste en Chine, trinquer avec les expatriés dans les bars, courses de pousse-pousse dans les Hutongs (ces petites ruelles à côté de la Cité Interdite), marchander sur les marchés chinois, assister à un Opéra de Pékin ... On a voyagé en bus, en train, en bus couchette, en train couchette, ... On n'a pas arrêtées. Je les ai même emmenées en cours avec moi avec les étudiants de première et deuxième années ; je les ai laissées chacune à une table d'étudiants : au programme différences culturelles entre la Chine et la France, révisions de leurs leçons et questions indiscrètes sur ma vie personnelle. 2009/03/15 : Médecine traditionnelle chinoise Depuis mon voyage à Hangzhou, j'avais une douleur terrible ressentie au niveau de l'épaule droite, le long du cou, au coude et même dans la poitrine. Alors, j'ai essayé la médecine traditionnelle chinoise. En réalité j'ai cette douleur à l'épaule depuis mes treize ans. J'en parlais à mes docteurs mais ils ne considéraient jamais ce problème comme important. A Jinan, ville de cinq millions d'habitants (à deux ou trois millions près), il y a beaucoup d'hôpitaux : des hôpitaux de médecine occidentale et des hôpitaux de médecine traditionnelle.
Elle est réputée pour être plus douce pour le corps. Beaucoup de chinois ont recours quotidiennement à la médecine traditionnelle pour traiter les problèmes de santé d'ordre secondaire. Je suis donc allée voir un docteur de médecine traditionnelle. Premièrement, elle a pris mon pouls au niveau du poignet. Deuxièmement, elle a regardé mes yeux (le blanc de mes yeux). Troisièmement, elle a examiné les ridules du contour de ma bouche. Quatrièmement, elle m'a prescrit un médicament, concoction amère (infecte) à base de plantes, à faire bouillir et à prendre trois fois par jour. Cinquièmement, elle m'a fait un message "cupping". Elle a posé des ventouses en verre sur mon dos, il y a une petite flamme à l'intérieur des ventouses, la chaleur n'est pas ressentie mais permet d'aspirer le sang. Cependant, c'est très inconfortable. Depuis la douleur a cessé. Massage Chinois - 6 Ventouses + Pompe - Cupping NEUF Sur Ebay, vente de matériel pour le massage cupping. 2009/02/24 : Reprise des cours 2009/02/14 : Un mariage à Nantong Le 14 février, j'ai participé au mariage de mon amie chinoise, Juan. 2009/01/31 : Les vacances de Février Du 1er février au 24 février, j'ai visité Hong Kong, Macao, Canton, Suzhou et Hangzhou Le tourisme à la mode chinoise : Hong Kong, Macao, Canton
Le tourisme à la mode Colombe (improvisé) : Suzhou, Hangzhou, Retour à Jinan 2009/01/26 : La Fête du Printemps May 25 spécialités chinoisesLes habitants de la province du Shandong (dont la capitale est Jinan) ont la réputation d'être chaleureux et accueillants. J'ai eu la chance d'être invitée plusieurs fois pour des repas familiaux ou professionnels dans des grands restaurants. Le repas se déroule dans une salle privée. Tous les convives s'installent selon des règles bien précises issues de la tradition chinoise. C'est un moment crucial qui déterminera l'ambiance du repas. Voici les règles hypothétiques que j'ai pu déduire lors de mes expériences. La personne la plus importante s'assoit à la chaise la plus éloignée de la porte, face à la porte ; c'est cette personne qui portera les trois premiers toasts communs accompagnés d'un discours pour souhaiter un bel avenir, une bonne santé, bla-bla. A sa droite se trouve le convive le plus important et à sa gauche, le second plus important. Et ainsi de suite ... La personne qui se trouve en face du chef des toasts et dos à la porte est son bras droit. Sa tâche sera de l'aider tout au long du repas : parler aux serveuses en cas de problèmes, remplir les verres si les serveuses sont trop occupées ou si les verres se vident trop vite, porter trois toasts consécutifs lorsque le chef des toasts a fini de faire les siens et n'a peut-être plus la concentration de porter un quatrième toast commun avec discours et enfin aller discrètement régler la note à la fin du repas. Les toasts se font traditionnellement au BaiJiu, alcool blanc de 45°C en moyenne, servi dans des petits verres que nous faisons tinter trois fois contre le plateau en verre, et bu d'une traite : "干杯" (Gan Bei, qui signifie "verre sec"). Mais de plus en plus de chinois trinquent à la bière. Pour m'accueillir, il y a souvent du vin rouge. Une fois les six toasts officiels communs finis, les convives des plus importants aux moins importants trinquent personnellement avec les hôtes. Faire tinter son verre un niveau au dessous de celui de l'autre signifie une marque de respect ce qui souvent entraîne à une lutte pour positionner son verre au dessous de celui d'autrui. Pour finir, il faut trinquer avec les voisins puis se déplacer pour trinquer avec chacun des convives. Une table est composée d'une dizaine de personnes. On peut même trouver deux tables ou plus parfois ; on doit alors trinquer avec tout le monde. Tout au long du repas, du thé vert est servi ce qui peut-être confondu avec de la bière lors de toasts trop nombreux. 1. Un repas dans un restaurant à Tai'An de la famille Wang. Le choix d'une grande table ronde sur laquelle se trouve un grand plateau en verre circulaire tournant est un élément déterminant de la Cuisine chinoise et de sa tradition. Deux à trois serveuses présentes dans la chambre déposent des plats pré-commandés au fur et à mesure. Le plateau est en général vide en début de repas (contrairement à la présentation de la belle table française bien garnie), mais se retrouve envahi de plats à la fin du repas, parfois déposés les uns sur les autres. Il reste beaucoup d'aliments à la fin du repas. Cependant les convives peuvent ramener dans des sacs les restes. Un repas officiel est composé d'une quinzaine de plats de spécialités. Tous les convives piochent dans les plats à l'aide des baguettes ; c'est à ce moment qu'il faut montrer de la dextérité à utiliser les baguettes sous peine de se voir proposer une fourchette. Chacun a une assiette, un bol, un verre, une tasse. L'assiette est démesurément petite en comparaison à l'assiette française. Les serveuses tournent sans arrêt autour des convives pour remplir les tasses de thé, les verres d'alcool ou de jus, les bols de soupe et pour remplacer les petites assiettes. Il n'y a pas trois moments distincts comme dans la culture culinaire française : l'entrée, le plat de résistance et le dessert . Au contraire, tous les goûts doivent être présents pour parfaire une table : le sucré, le salé, le pimenté, le vinaigré... Tous les plats sont bien présentés, le sens visuel est très important dans la Cuisine chinoise. Une table doit être multicolore d'aliments. Voici différents plats intéressants que j'aime beaucoup : 2. Un plat de crevettes grillées avec une sauce un peu caramélisée (?). 3. Une omelette avec un légume comme le poireau (?) et un fruit de mer (...). 4. Un plat à base de viande d'âne à disposer dans des petits beignets. 5. Une demie tortue cuisinée et présentée dans un plat en forme de tortue, chaque convive possédait son plat. 6. Un plat à base de poulet, au centre du plat se trouve la tête. 7. Plat de poissons frits croustillants, spécialités de Jinan ou du Shandong. 10. Pommes de terre douce, spécialité de Jinan. 11. "Abalone" ou concombre de mer, plat assez cher et réputé pour ses valeurs nutritives. Un concombre de mer ou une holothurie - Nom commun des holothurides, animaux marins classés dans les échinodermes, aux côtés de l'oursin, de l'étoile de mer Une holothurie est un animal invertébré, au corps mou et oblong, à symétrie radiale, à la peau rugueuse, possédant un cercle de tentacules autour de la bouche. Elle est aussi appelée concombre de mer ou bêche de mer mais également ver marin. Il peut atteindre 25 cm de long. Il vit au fond des mers chaudes et est pêché en Indonésie et en Chine. Cet animal a la particularité de dégager, pour la plupart, des toxines en cas de stress intense d'attaque ou danger. Ces toxines sont dangereuses, voire mortelles, pour la plupart des poissons et autres animaux marins. Selon un rapport de la FAO, les stocks de concombres de mer, important aliment de base en Asie, sont soumis à une intense pression des pêcheurs et les espèces commerciales les plus appréciées sont aujourd’hui quasi épuisées.
Des pays comme l’Indonésie et les Philippines les exportent chaque année en quantité vers la Chine et autres marchés asiatiques. L’organisation des Nations Unies préconise des plans de gestion adaptés aux spécificités locales : quotas de prises, tailles minimales de capture, fermeture de la pêche durant la reproduction et meilleur suivi de l’état des stocks. 12. Les différents éléments pour composer sa crêpe chinoise (la Crêpe salée de Tai An). 13, 14. Dégustation d'une tortue.
15. Milieu de repas, le plateau se retrouve déjà sans place pour d'autres plats ce qui n'arrêtra pas leur arrivée.
May 12 Le Clézio et la “littérature-monde”L’Express : ”
L’an dernier, vous avez signé le manifeste pour une
“littérature-monde”.
Jean-Marie G. Le Clézio : “Oui, plutôt deux fois qu’une. La chance de la langue française, c’est que des peuples qu’elle a dominés pendant des siècles ne lui en ont pas tenu rigueur. Je crois que ça tient à la beauté de la littérature française, aux très beaux livres qu’elle a produits, à travers lesquels les gens ont pu surmonter leur douleur, et accepter le français, plutôt que l’anglais, comme moyen de communication. C’est grâce à cette “littérature-monde” que la langue française peut encore faire entendre son message.” Lu dans L’Express
du 16 / 10/ 2008 : génération dilettanteJe viens de comprendre le mot "velléité" et j'en tremble. March 23 premiers jours de printempsMarch 17 Semaine de la francophonie
C'est la semaine de la francophonie (du 16 eu 21 mars) ... Voici les 10 mots choisis cette année : ailleurs, capteur, clair de terre, clic, compatible, désirer, génome, pérenne, transformer, vision. Sincèrement ces mots ne m'inspirent pas beaucoup. Encore, désir d'ailleurs, se transformer ou vouloir transformer la société et être compatible sont intéressants à travailler. Mais entre "capteur", "génome", "vision", "compatible", "transformer", j'ai l'impression d'être dans un laboratoire scientifique. "Clair de terre" et "pérenne", no comment. "Clic" pour l'ère informatique. Je préférais les mots de l'année dernière : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s'attabler, tact, toi, visage. Pour découvrir les mots de 2009, vous pouvez vous rendre sur le site officiel : http://www.semainelf.culture.fr/ « Ailleurs est un mot aussi beau que demain » Paul Morand. J'ai beaucoup d'étudiants intéressés pour travailler en Afrique. Mais ils parlent de l'Afrique comme d'un pays alors que c'est différent d'aller travailler en Tunisie, au Maroc, au Sénégal, au Congo ... Cependant moi-même je connais peu la carte de l'Afrique. Depuis que j'ai trouvé ce site internet, je suis presque incollable : http://www.ludeales.com/jeu-connaissance-afrique.php . Mon record est de 151 points. Jeu en flash, placer les pays d'Afrique : http://www.ludeales.com/jeu-connaissance-afrique.php February 06 Yu HuaYU HUA - 余华 Yu Hua est un écrivain chinois célèbre pour son roman 活着 - Vivre qui a été adapté au cinéma par Zhang Yimou (le film a obtenu le Grand Prix du jury au festival de Cannes en 1994). Le roman est très intéressant car il retrace l'histoire d'une famille chinoise subissant les nombreux mouvements politiques et événements historiques en Chine de la seconde moitié du XXe siècle. “ N. O.- Est-ce là le secret de cette caractéristique du peuple chinois que l'on retrouve dans tous vos romans: la capacité à tout encaisser? Yu Hua.- Exactement. Je ne saurais évaluer l'attitude des autres peuples face au destin, mais les 3000 ans d'histoire de la Chine, ce sont 3000 ans d'endurance. Il s'agit d'une sorte de pulsion vitale qui ne prend pas sa source dans une agressivité tournée vers autrui, mais dans une capacité intrinsèque à tout supporter, pourvu qu'on ait une famille.” Propos recueillis par Ursula Gauthier, «le Nouvel Observateur» du 8 mai 2008 : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/05/08/la-chine-se-dechaine Cependant, il y a un décalage entre le livre et le film. Ce dernier est plus politiquement correct. Yu Hua est un écrivain majeur et très apprécié en Chine ce qui est surprenant car il aborde des sujets tabous en Chine, comme la sexualité, la pauvreté des campagnes, la misère, l'injustice, l'absurdité des différents mouvements politiques. Il donne son point de vue sur l'histoire de la Chine de la seconde moitié du XXe siècle et nous dévoile des moments de vie typiques de la civilisation chinoise. Son style est direct, son humour tranchant, et malgré les périodes sombres qu'il aborde et les divers malheurs qui frappent ses personnages attachants, l'optimisme et la légèreté sont omniprésents. “ N. O.- Vous montrez que l'amour, en particulier au sein des familles, est plus fort que toutes ces horreurs [lors du début de la Révolution culturelle]. On a pourtant dit que c'était une sombre période où les femmes accusaient les maris et où les enfants dénonçaient leurs parents... Yu Hua.- C'était le cas uniquement dans les familles des cadres du Parti ou des notables: les enfants se retournaient contre leurs parents quand ces derniers devenaient la proie de la fureur «révolutionnaire». J'ai moi-même vécu cela, car mon père, médecin, membre du Parti, était un petit cadre dans son hôpital. Un jour que je traînais avec mon frère, j'ai vu que tous les dazibaos de la rue s'en prenaient à mon père. Je me suis senti mal... J'ai dit à mon frère: je ne mets plus les pieds à l'école! J'étais mort de honte. Heureusement, mon père a été envoyé dans un petit village - comme punition - où il a été protégé par les paysans. Mais chez les gens ordinaires, la famille a été un havre, une forteresse pour les individus. Le père d'un de mes amis, qui avait été terriblement attaqué à l'époque, lui a dit: si j'ai survécu à la Révolution culturelle, c'est uniquement grâce à ta mère. Je connais d'innombrables histoires émouvantes comme celle-ci. ” Propos recueillis par Ursula Gauthier, «le Nouvel Observateur» du 8 mai 2008 : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/05/08/la-chine-se-dechaine La Révolution culturelle illustrée dans Le Vendeur de sang : “Un été, alors qu'il rentrait, Xu Sanguan dit à Xu Yulan [sa femme] : - Sur mon chemin, je n'ai guère vu de gens dans les maisons. Tout le monde est dans la rue. De toute ma vie, je n'avais jamais vu autant de gens dans les rues. Ils portent un brassard rouge, défilent, affichent des mots d'ordre, collent des dazibaos ; les murs de la grande rue en sont pleins, collés les uns sur les autres. Plus ça va, plus c'est épais. On dirait que les murs portent des vestes ouatées. J'ai aussi vu le chef du district, le gros du Shandong. Jadis, c'était l'homme le plus arrogant de la ville. Avant, quand je le rencontrais, il avait toujours une tasse de thé à la main. Maintenant, il tient une cuvette ébréchée sur laquelle il frappe tout en insultant sa tête de chien, et ses jambes de chien ... Il dit : - Sais-tu pourquoi les usines sont arrêtées, les magasins fermés, les cours suspendus dans les écoles, et pourquoi tu n'as plus besoin d'aller faire frire des beignets torsadés ? Pourquoi il y a des gens pendus aux arbres, des gens envoyés dans des étables, des gens battus à mort ? Sais-tu pourquoi, quand le président Mao parle, des gens font des chansons avec ses paroles, les affichent sur les murs, les affichent sur le sol, sur les voitures et les bateaux, les draps et les taies d'oreillers, les verres et les marmites ? Il y en a même sur les murs des latrines et sur les crachoirs. Pourquoi le nom du président Mao est-il si long ? Écoute : “Vive, vive, vive le président Mao, notre grand leader, notre grand guide, notre grand commandant en chef, notre grand timonier.” Vingt mots en tout. À réciter d'une seule traite, sans reprendre son souffle. Sais-tu pourquoi ? C'est la Grande Révolution culturelle ... Il dit encore : - Depuis que se déchaîne la Grande Révolution culturelle, j'ai un peu compris. Qu'appelle-t-on Révolution culturelle ? Une période de règlements de comptes personnels. Si quelqu'un t'a offensé dans le passé, tu écris un dazibao sur lui et tu le colles dans la rue. Tu peux dire qu'il est un propriétaire foncier qui a échappé aux filets, ou un contre-révolutionnaire. Quoi que tu dises, cela fonctionne. Actuellement, il n'y a plus ni police ni tribunal, mais les accusations sont légions. Tu en choisis une à ta guise, tu l'écris sur un dazibao, tu le colles, et sans que tu aies besoin de bouger le petit doigt, celui que tu as dénoncé sera persécuté à mort ... Ces derniers jours dans mon lit, je me demandais si je n'allais pas moi aussi me trouver un ennemi et écrire un dazibao sur lui, pour laver une vieille offense.” Extrait du chapitre XXV de 许三观卖血记 Le vendeur de sang, Yu Hua, (trad. Nadine Perront), Actes Sud, coll. « Babel », 2006, poche, 285 p. (ISBN 2742761276) L'histoire des mu [parcelle de terre = 0,065 ha] de la famille Xu de Vivre : p.14 : “Nous, les Xu, nous possédions plus d'une centaine de mu de terres qui s'étendaient d'ici jusqu'à la cheminée de l'usine que vous voyez là-bas. Mon père et moi, le “vieux” et le “jeune” maître, nous étions connus très loin aux environs pour notre richesse. Quand nous marchions, nos chaussures résonnaient comme des sapèques qui s'entrechoquent. Ma femme, Jiazhen, issue aussi d'une famille riche, était la fille du propriétaire d'un magasin de riz de la ville. Et comme les riches se marient entre eux, leur fortune se multipliait. [...] J'aimais fréquenter les maisons closes, écouter les coquettes bavarder et rire toute la nuit. Ces bruits m'émoustillaient. Dés qu'il commence à courir les filles, l'homme ne peut s'empêcher de jouer aussi. Comme les épaules relient les deux bras, ces deux vices sont inséparables. [...] Mon père soupirait et me reprochait de ne pas honorer nos ancêtres. Moi, je considérais que je n'étais pas condamné à les honorer, ces ancêtres. Au nom de quoi devrais-je renoncer aux joies présentes et travailler dur pour honorer mes ancêtres ? D'ailleurs, mon père avait fait la même chose dans sa jeunesse. Autrefois, ma famille possédait plus de deux cents mu de terres. Par sa conduite, il les avait ramenés à guère plus d'une centaine. - Ne t'en fais pas. Mon fils, lui saura honorer nos ancêtres, répondis-je un jour à mon père. Il fallait bien laisser à la génération suivante quelques bonnes actions à accomplir ... Ma mère avait éclaté de rire en entendant ma réponse. Elle m'apprit en cachette que mon père, dans sa jeunesse, avait répliqué la même chose à mon grand-père. “Alors, il veut m'obliger à faire ce qu'il n'a pas su faire lui-même ? Comment accepter ça ?” me suis-je dit. À cette époque, mon fils Youqin n'était pas encore né et ma fille Fengxia avait tout juste quatre ans.” p.32 : “J'étais stupéfait de voir qu'il avait vraiment sorti le six. J'avais l'impression que ma tête allait éclater. C'était catastrophique. Mais puisque je peux payer à crédit, me dis-je ensuite, j'aurai bien l'occasion de rattraper cela un jour. Un peu soulagé, je déclarai : - Note tout ça d'abord. Long'er me fit signe de m'asseoir. - Je ne peux plus te faire crédit, me dit-il. Tu as déjà perdu toutes les terre de ta famille. Si je t'accordais encore un crédit, tu me rembourserais avec quoi ?” [...] Je m'aperçus tout à coup qu'il y avait déjà six mois que j'avais commencer à m'endetter auprès d'eux. Et que j'avais déjà perdu tous les biens que mes ancêtres nous avaient légués. [...] “Derrière moi, quelqu'un de ma connaissance qui tenait un panier de fromage de soja à la main, m'aperçut. - Bonjour, jeune maître Xu, cria-t-il. Effrayé, je sursautai et le regardai, hébété. En souriant, il continua : - Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous avez l'air d'un résidu d'infusion de plantes médicinales. Pour lui, c'était sans nul doute les filles qui m'avaient mis dans cet état. Il ignorait, bien sûr, que j'avais tout perdu et que j'étais dorénavant aussi pauvre qu'un fermier. Je le regardai s'éloigner avec un sourire forcé.” p.42 : “Le père se mit alors à manger avec lenteur mais après quelques bouchées, il reposa ses baguettes sur la table, repoussa son bol et se mit à raconter : - Les ancêtres des Xu ont commencé par élever un poussin. Celui-ci a grandi et a été transformé en oie. Celle-ci a grandi et a été transformé en mouton. On a élevé le mouton et celui-ci s'est transformé en buffle. Et s'est ainsi que la famille des Xu a fait fortune. Le père avait la voix sifflante. Après un court silence, il poursuivit : - Et quand j'ai pris tout cela en main, le buffle des Xu s'est transformé en mouton, et celui-ci s'est transformé en oie. Ensuite, avec toi, l'oie s'est transformée en poussin, et aujourd'hui il ne reste plus rien. Le père éclate de rire mais, petit à petit, son rire se transforma en sanglots. - Dans la famille des Xu sont nés deux dépensiers, déclara-t-il en levant deux doigts. Extraits de Vivre !, de Yu Hua, LGF - Livre de Poche, 1994, poche, 223 p. (ISBN 2253135704).
Je vous conseille d'aller sur le site Papiers de Chine pour lire une autre interview de Yu Hua lors de la sortie en France de Brothers (adapté au cinéma) : http://www.papiersdechine.ch/site/article.php?id=1331 January 20 笑话Le 26 janvier, c'est le nouvel an chinois. L'année du rat va s'achever. Douze ans auparavant naissait mon petit frère, j'avais douze ans. 住大家过年了、 牛年牛牛牛 。 ![]() Nous allons entamer l'année du bœuf (de terre). Mon cadeau de nouvel an : deux blagues chinoises : 鸭子和螃蟹赛跑,一起到达终点,难分胜负,裁判说:你们来个剪刀石头布吧! 鸭子大怒:妈的,算计我?我一出是布,他总是剪刀。 饺子是男人还是女人? 。。。 Pour les non-sinophones, j'ai mis une traduction dans les commentaires ; mais j'ai aussi une blague en anglais (ok mon franglais) pour vous, pas très catholique mais excellente : On a plane, there are a teacher with a class of children, Georges Bush and a priest. But the plane is going to crash down. Well the teacher says to Georges Bush and the priest : "there are only three parachutes". Georges Bush answers : "ok, fuck the kids", and the priest : "do you think we will have time ?" Pour les francophones : Au départ, l'étranger a de l'argent et le partenaire chinois une meilleures connaissance du système. A l'arrivée, c'est le chinois qui a l'argent et l'étranger une meilleure connaissance du système. December 24 bonne année En 2008, j'ai eu mon diplôme de Master FLE et j'ai enseigné dans trois lieux différents : l'Université Shandong Daxue à Jinan, les cours d'été de l'Université de Rennes et l'institut Qing Gan Yuan ; mais surtout je suis partie en Chine. ![]() J'ai participé à une cérémonie de thé à Shanghai, ![]() j'ai grimpé la colline des 1000 bouddhas de Jinan, ![]() j'ai visité l'armée enterrée du premier empereur à Xi'an, ![]() à Pékin, j'ai visité le palais d'été, ![]() j'ai marché sur la grande muraille de Chine (Ximatai), ![]() je suis passée à la télévision chinoise (ok, seulement de la province), ![]() où j'ai rencontré ma fille adoptive, ![]() j'ai assisté à un opéra de Pékin, ![]() je suis revenue dans mon paradis ... auprès de ma famille, qui entre temps était partie en Italie et en Tunisie, ![]() ![]() Que nous réserve encore 2009 ? Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d'année et mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2009. |
mes lectures chinoises
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